Le je et le tout

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

J’ai des seins sous mon pull-over ;
J’ai mal au bide ;
J’ai des couilles et des ovaires ;
J’arrive plus à faire le vide.
Mes idées farfelues, farouches et austères
Vivotent, comme insensibles.
Mes identités vont de pair
Et sont prises pour cible.
J’évite, je frôle les inconscients,
Je dépasse nos conditions ;
Je fuis dorénavant.
Adieu ! Je suis en perdition.

Qui aide ? Qui trahit ?
Les portes sont ouvertes.
J’ai oublié les clefs, je suis parti.
Là est un ailleurs en perte.
J’oublie qui je suis : je suis.
J’entends mais je ne vous entends plus.
La messe est dite ; le chant est fini.
J’ai cru bien faire, je vous ai cru ;
J’ai été trahi.
Merci !
Je n’ai rien dit, je suis parti ;
J’ai vu, entendu : j’ai compris.
J’ai fermé la boutique, j’ai maudis
Et, encore aujourd’hui, je crie ;
Je hurle, j’expulse, j’exorcise.
Que meurent les idées indécises !
Ailleurs est un paradis maintenant,
Demain doit être un lieu sain.
J’ai prié souvent ; je prierai des deux mains.
Je vivrai, je vivrai sans.
J’abandonne, je vis, j’avance.
Ne sais-tu pas à quoi je pense ?
Ignore, fais semblant, tourne la tête.
Je marche pour que tout s’arrête.

(16 février 2013)
(Tous droits réservés.)

Publicités

L’initiation

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

J’ai fait le ménage,
J’ai nettoyé les plaies.
J’ai tourné la page,
J’ai fermé la porte à clef.
J’ai cisaillé son portrait, l’ai laissé en charpies ;
J’ai éteint la lumière et dit merci.

Las ! Il n’y a plus rien.
Au-delà de mon overdose,
Je reviens parmi les miens
Que j’ai trahis pour ces funestes causes.
Je reviens, c’est décidé
Et je ne voudrais plus jamais les quitter.
Jurer, prier, penser sans cesse ;
Éviter les regards, les aprioris, les gens.
Ne plus fuir, foncer – quelle vitesse !
Observer, voir, être clairvoyant.
J’ai vu l’Enfer, ses lieux, ses autels
Et son hôte, cet ange au regard charnel.
Je l’ai vu, l’ai chéri, l’ai adoré.
Il m’a lâché, de si haut ; je me suis écrasé.
Au sol, fracassé, j’ai continué de creuser.
Six pieds sous terre, je le cherchais..
Je me suis perdu, j’ai perdu mon identité.
Ayant tout donné, n’ayant rien reçu,
J’ai levé la tête et ai vu.
Aveuglé, étourdi, j’ai voilé mon visage
Devant l’horreur de tout ce paysage.

(16 février 2013)
(Tous droits réservés.)

Le bois

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

(25 janvier 2013)
Un, deux, trois, nous irons au bois.
L’heure est venue de quitter nos sentiers battus.
Faut-il maintenant hurler comme des bêtes aux abois ?
Il faut sortir du bois et prendre la rue.

Il a chassé la rage, par la voix ;
Le cri strident, puissant, a détruit le silence.
Son règne, éphémère et fragile, perd toute sa résonance.
La raison ne sait guider ses choix.

Morts-vivants

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

Dans les confins, derrière les ultimes limites,
Après avoir tout vécu, tout dépassé,
Après avoir vécu et vu le temps passer.

Croire qu’il ne faut plus croire, ignorer les rites ;
Jongler avec les fois comme avec de vulgaires objets,
Avant d’oublier jusqu’à la raison d’exister.

Partir, encore, toujours, suivre le chant des sirènes,
Errer nulle part, sans raison d’avancer,
Être quand même, parce qu’il n’y a pas de raisons de s’en aller.

Vivre, caché, à l’ombre, dans de mortes plaines,
Surprendre le silence d’un cri désespéré,
Cracher son venin dans les plaies de corps inanimés.

Être las d’une joie qui ne veut se défaire,
Ne plus rien sentir ou tout ignorer,
Faire ce que tous les autres n’ont pas fait.

S’arrêter enfin pour tomber par terre,
Se mettre à croire quand vouloir n’est plus pouvoir,
Trembler quand il n’y a plus d’échappatoire.

(11 janvier 2013)
(Tous droits réservés.)

Marginal

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

Dans les travées noires, terribles, éternelles,
Je broie du noir en pensant à elle.
M’examinant, cruel, je peste, je gueule.
Bannis sont les damnés las d’être trop seuls.

Partir, pourquoi partir ? Et s’il le fallait ?
J’ai rêvé des cauchemars ; j’ai sombré.
J’ai vu la foule ; j’ai vu qu’il ne fallait pas insister.
Parti, je ne sais plus me retrouver.

Sombre, sombre soleil qui aujourd’hui m’éclaire.
Et me montre, à genoux, le faux dans le sincère.
Que je prie ? Allons bon, j’ai bien d’autres croisades
Qui cent fois valent bien vos tristes mascarades.

M’a-t-on brisé si pur ? Je vivrai syncrétique !
J’ai payé pour ces jours où j’ai aimé vos secrets.
J’ai aimé. J’ai brûlé, hérétique.
Maintenant, je vis et je vivrai en paix.

(3 janvier 2013)
(Tous droits réservés.)

Ma révolution

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

Tu t’évapores, fumée incandescente ;
Tu disparais comme une chimère inexistante.
C’est un ange, un ange déchu
Qui vole tandis que je m’échoue.

Qui étais-tu ? Que serons-nous ?
Tu te fous que tu me tues !
Je serai mort ; tu la seras.
Jamais il ne reviendra.

Je pense – me tracasse – mais ne sais plus être ;
Seul le gris vient à ma fenêtre.
Il y a là un oisillon agonisant dans la boue,
Le corps éteint, écrasé par cette infernale roue.

Ô misère ennemie ! Ô traitresse !
Au milieu de la jeunesse,
Me voilà abattu, liquidé par cette arme ;
Sans un bruit dans cet ultime vacarme.

Qui tient donc les rennes ?
Aujourd’hui, j’ignore qui sont les maîtres des lieux.
Dîtes-nous s’il faut décapiter cette reine !
Ferai-je, un jour, un vœu si pieux ?

Dans les ruines, les morts bâtiront la ville nouvelle ;
Il ne sera plus seul ; elle ne sera plus celle.
Si la fin est proche, autant que la fête soit belle ;
Le lendemain ne pas sans séquelle.

Ne laissons jamais triompher cet instant :
Tuons le moment !
J’ai supprimé toutes les preuves notoires.
Sans au revoir, Veuve Noire.

La débandade, une chute de roches ;
Les uns sur les autres, ils ricochent,
S’entrechoquent et se brisent.
Le chaos a régné. Il n’est plus de mise.

Tu m’entends ? « Jamais plus ! »
Dans les caves, les bas-fonds,
Sur les trottoirs salis et vidés,
J’entonnerai avec ferveur les chants cruels de la révolution.

J’errai, mendiant inamical, dans toutes les rues,
À toute heure, je tournerai en rond.
Je crierai, qu’ils entendent tous ; j’alpaguerai !
Ma sirène n’émettra plus que des ultrasons.

Tu vois ? C’est ainsi qu’est ma victoire.
Je la souhaite personnelle, intime.
Goute-la ! Puis viens de l’autre côté du miroir.
Mon amour n’était pas un crime.

(3 septembre 2012)
(Tous droits réservés.)

Les jours sans saveur

Posted in Poèmes on 3 mars 2013 by Walrus

Inanimé par cette humeur naïve
Qui faisait de moi un homme nouveau,
Je me demande, la tête pensive,
Si les comptes sont désormais à zéro.

Un flux violent m’avait doucement envahi,
Il avait fait de moi l’otage d’une ivresse partagée.
J’ai, me semble-t-il, le crâne endolori ;
Serai-je le seul pour me soigner ?

Si je suis loin, où sommes-nous ?
Toutes ces questions n’ont plus de sens
Tant tu les ignores : tu t’en fous.
Très bien, laisse aller cet amour à la décadence.

(20 août 2012)
(Tous droits réservés.)